Disclaimer

Je tiens à préciser que cet article est avant tout un retour d’expériences et de ce fait n’engage que moi. Effectivement, pour avoir échangé avec de nombreux autres baristas en France (et à l’étranger),  je me suis aperçu, au fil des discussions, que chacun avait sa propre histoire et son propre parcours. Il n’existe pas de chemin déjà tracé pour devenir barista mais plutôt un enchainement d’expériences, de rencontres et d’opportunités.

A savoir que si tu veux ouvrir ton coffee shop, j’ai réalisé un dossier complet ici

Ma rencontre avec le café

A la base, je n’avais aucune prédisposition au métier. A vrai dire, je n’avais jamais entendu parlé de « barista ».

Ma connaissance du café s’arrêtait au café filtre du matin pour y tremper ma tartine grillée, ou encore l’espresso de comptoir servi en fin de repas pour faire couler un repas un peu trop copieux.

Il m’aura fallut devenir Nomad Digital et commencer à voyager en Asie (Thaïlande & Vietnam) pour découvrir mes premiers « coffee shop ». A l’époque, je n’y allais pas pour le café qu’il y servait mais plutôt pour y trouver un espace de travail. L’avange de ces shops c’est qu’ils sont souvent calmes, qu’ils disposent de grandes tables avec un WiFi approximatif et une bonne clim!

L’occasion de découvrir mes premiers cafés glacés Vietnamiens (Ca Fé Sua Da) et de vouloir réessayer la recette de retour en France.

devenir barista

 

C’est de là où j’ai commencé à ramener mes premiers paquets de cafés achetés dans une échoppe au détour d’une ruelle de Saigon. Bon, avec du recul le café était (et doit toujours l’être) bien trop torréfié de qualité médiocre +++ .

Cela aura au moins eu l’avantage de me mettre le pied à l’étrier….

Ma première formation barista…

La bascule de « j’aime le café » à « ça me tenterait bien de devenir barista » à commencer à émerger suite à une rencontre lors de l’évènement « Nomad Day » fin d’année 2016.

J’ai eu l’occasion d’échanger avec Jérémy, barista & l’un des fondateurs de l’espace de coworking Hubsy (Paris) avec qui le courant est passé immédiatement. Après quelques minutes à discuter voyage, il me propose de passer le voir à son shop le lendemain.

Dimanche matin, me voici en route en direction d’Hubsy « Art et Métier ». Et ce fût le coup de foudre immédiat. L’odeur du café, le bruit du moulin, l’ambiance du lieu et de la team m’ont transporté…

Six mois plus tard (été 2017), Jérémy me recontacte pour me proposer de « tester » sa formation Barista. Ni une, ni deux je saute sur l’occasion. Me voici propulsé derrière le comptoir pendant une formation intense de 3 jours en One to One avec Jérémy. Réglage du moulin, découverte de la machine (Marzocco linea), extraction d’un bon espresso, faire mousser son lait et premiers Latte Art…

Je suis comme un gosse qu’on aurait emmené pour la première fois à Disney Land! Le kiff total.

Formation barista

S’enchaine ensuite 2 jours de pratique en clientèle. Et c’est drôle comment la pseudo assurance acquise durant 3 jours disparait instantanément au premier rush venue.

Néanmoins, après ces 5 jours de formation barista intensive, j’ai vraiment eu la sensation d’avoir touché quelques chose du doigt.

Un doigt dans l’engrenage

A défaut d’avoir postulé dans un coffee shop pour poursuivre mon apprentissage, j’ai décidé de developper ma culture café.

Voilà un détail des choses que j’ai entrepris:

  • atelier « cupping » & « extraction douce » chez Mokxa.
  • participation au championnat d’Aeropress 2018.
  • participation à divers cupping organisés notamment par le RBF.
  • création de ce site & de la chaine YouTube associée que tu peux retrouver en cliquant ici.
  • fréquentation de nombreux coffee shop partout en France.
  • etc…

Et c’est après avoir interviewé Emmanuel Buschiazzo de l’High Five Coffee Scholl & La Claque que je me décide à me reformer auprès de lui en juillet 2018.

Au programme 2 jours de formation où j’ai eu l’occasion de:

  • démonter et comprendre de l’intérieur le moulin EK 43
  • soulever le capot de la Marzocco Linéa PB et de comprendre son fonctionnement
  • travailler sur mes techniques de Latte Art.

Bref, encore une super expérience qui m’a conforté dans mon choix de consacrer du temps au café.

formation barista

Bien sûr, j’ai investi dans du matos à la maison:

N’ayant pas de machine à espresso à la maison, j’ai dû opter pour le système pour m’entrainer au Latte Art:

  • Une cuillère à café de Ricoré mélangée avec de l’eau chaud pour mon shot de café.
  • Une French Press et du lait chaud pour la mousse.

Formation barista

Oui,j’ai bien dit système D 😉

Le déclic

Un voyage en Thaïlande et une prise de conscience plus tard. Je décide (presque sur un coup de tête) de faire la tournée des coffee shop parisiens en novembre 2018. Armé d’une cinquantaine de CV et de la carte Mapstr du Réseau des Baristas de France, je pars à l’assaut des cafés de spécialisés parisiens.

Après 2 jours de dépôt de CV, une bonne vingtaine de kilomètres parcouru et pas moins de 30 Coffee Shop, c’est finalement Jeff du Fringes qui me proposera un poste de quelques heures les weekends. Exactement ce que je recherchais.

Deux semaines plus tard (décembre 2018), me voici derrière la machine pour mon premier jour en situation réelle.

Des clients qui afflux, des gestes approximatifs, une carte à apprendre par coeur et un environnement à appréhender. Tous mes sens sont aux aguets, les 4 heures de travail se seront passé sans que je ne m’en aperçoive.

Il m’aura fallut un peu plus d’un mois pour me sentir vraiment à l’aise et pouvoir encaisser un rush sans broncher.

Ça pas toujours été de repos, j’ai parfois du faire face à des galères comme le jour où j’ai littéralement bloqué le EK 43 en plein rush de midi. A vouloir aller trop vite, j’ai ouvert la trappe avant que les meules soient activées et patatra… les grains qui coince le moteur… J’ai du tout démonter, et tout re-paramétrer le moulin avec la simple aide d’une vidéo YouTube… Cela aura été les 40 minutes les plus longues de ma vie.

C’est Jeff qui sera obligé de revenir pour re-calibrer le moulin correctement.

Des anecdotes comme celle-ci j’en ai des dizaines, et j’en rigole maintenant. Et ça a toujours été dans ces moments de « galère » où j’ai le plus appris!

Au delà de mes compétences techniques, j’ai aussi mon latte art qui c’est beaucoup amélioré:

devenir barista

Evolution du Cygne en 1 mois

 

devenir barista

Ma plus belle tulipe 🙂

Alors je suis loin de pouvoir concourir à un championnat de Latte Art et ce n’est clairement pas le but. Je recherche avant tout le côté plaisir que celui compétition.

Est-il nécessaire de passer par une formation barista?

Oui une formation pour apprendre les rudiments du métier est indispensable.

Néanmoins ce n’est clairement pas une finalité. Je dirais même plus que c’est un commencement, question de partir avec de bonnes bases.

Et puis, il y a une différence entre être dernière la machine avec son formateur et être tout seul derrière le comptoir en plein rush et des bons de commande qui s’entassent. Et ça, ce n’est clairement pas une formation qui va pouvoir te l’apprendre. Tu vas devoir l’apprendre sur le tas.

Est-ce obligatoire pour postuler dans un coffee shop? La réponse est NON.

Je connais beaucoup de Baristas qui ont appris sur le tas. Ils ont commencé entant que serveurs et ont grimpé l’échelle jusqu’à devenir barista avec le temps. Ce qui jouera c’est avant tout ton envie d’apprendre et ta motivation.

Pour résumer!

Si je devais résumer cet article, voici ce que je te conseillerais pour devenir barista:

  • Être autodidacte
  • Se forger une culture café
  • Se former à la maison (s’équiper en matos d’extraction douce reste abordable)
  • Participer aux évènements (cupping, salon, atelier…)
  • Ne pas hésiter à démarcher les coffee (même sans avoir d’expérience)

Voilà, j’espère que ce retour d’expérience t’aura apporter toutes les informations nécessaires pour devenir barista.